Sens et contresens

Petit pastiche de la nouvelle chronique de Michel Onfray ou comment un texte se rebiffe.
Voir : « La Chronique Mensuelle de Michel Onfray – N° 11 – Avril 2006 »

Recettes de « soup’philosophie »

Ne confondons pas le philosophe ne refusant pas le canal médiatique choisi pour faire passer quelques unes de ses idées et celui qui formate son travail pour entretenir sa visibilité monnayée ensuite par les ménages consubstantiels à la profession : émissions télévisuelles semblables à de la publicité mise en forme, le « Salon du livre » comme rendez-vous de la mondanité pseudo-intellectuelle, idéologie proférée à des brebis ignorantes déjà convaincues dans des temples dédiés à la bêtise et autres conférences pour anti-penseurs.

Comment séparer le bon grain de l’ivraie ? On a vu Michel Onfray, BHL à la télévision. Mais pas n’importe où. D’autres se voient partout, multipliant les occasions d’accidents qui les révèlent plus et mieux. Exemple : un livre paraît qui s’intitule Contre Histoire de la philosophie, sous titre « Les Sagesses antiques ». Jolie musique, belle ritournelle, on ignore pourquoi, mais la chanson marche : on pressent le succès de librairie…

Où est l’accident ? Le titre singe le dernier opus de Michel Onfray, Antimanuel de philosophie, manuel de « philo » d’un professeur de lycée technique à Caen dont l’aura médiatique semble l’éblouir au point de ne plus pouvoir ouvrir les yeux ; le sous-titre procède d’un pareil détournement de La sagesse tragique de Michel Onfray. Conscient, c’est habile et perfide, l’auteur du forfait ayant plutôt fait carrière dans la haine de la pensée et des idées philosophiques ; inconscient, c’est encore plus révélateur du personnage… Car regardons un peu ce qui disparaît dans le vol : « Antimanuel » ! Exactement ce qui manque à l’auteur du larcin : des manuels. Leçon en forme de retour du refoulé !

Le même détrousseur avoue que ce livre « tourne le dos au langage obscur, à la philosophie pour philosophes » – du roman de philosophie ferait désordre. Le philosophe dispose d’un esprit de bouc, car on compte sur les doigts d’une main les pages sans deux ou trois longues allusions à des pratiques sexuelles digne du programme du parfait petit hédoniste… Le nom du malfrat ? A mon tour de détourner : Lacan, bien utile dans cette affaire de cambrioleur, dirait : Michel On(m)frayrire…


Pour une analyse serrée de l’« Onfrayisme », nous renvoyons à Des-montages – Le poujadisme hédoniste de Michel Onfray, Harold Bernat-Winter, Vingt-Scènes, 2006.

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