Chronique du libéralisme (des Modernes) ordinaire

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  • « C’est pour chacun le droit […] d’aller, de venir, sans en obtenir la permission, et sans rendre compte de ses motifs ou de ses démarches. » Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes

  • 1H du matin. Il pleut, des éclairs s’abattent. Il s’approche de sa fenêtre, l’ouvre pour regarder ce déchaînement. Là-bas, au loin, au carrefour, sur le passage clouté, une masse, petite, allongée. Ça bouge. Un sac, un carton ? Un homme. Un homme avec ses sacs à la main, par terre, incapable de se lever, de s’asseoir, frappé par les gouttes. Un taxi : il passe. Une deuxième voiture, ralentit et repart. Un passant, deux passants. Il appelle les secours. Attente. Allez sur place, s’il est bourré, c’est la police qui vient. Une voiture, un passant. Il est interloqué. Vite : veste, clefs, téléphone, chaussures. Il descend les escaliers rapidement et sans bruit, son esprit est embrouillé. Au fur et à mesure qu’il s’approche de la porte de dehors, le fracas de la pluie se fait de plus en assourdissant. Il remonte la rue. Il est là. Un homme, décontracté, l’aide à se relever, il a un accent qu’il connaît. Une fille, petite, une capuche qui ne couvre pas tous ses cheveux en partie mouillés. Il est au sol, et essayant de se débattre, il perd petit à petit son pantalon. Il demande : cuit ? Oui. Il appelle. Attente. Les flics doivent cette fois arriver. À terre, dans ses mouvements insensés, il roule sur sa bouteille de bière, une grosse. Lui, l’homme et la fille dégagent les morceaux de verre : ses mains qui le soutiennent mi-couché mi-debout risquent d’être écorchées. Attente des flics. Il panique : s’avance au milieu du carrefour pour éviter qu’il soit écrasé. Deux passants passent un moment, regardent le spectacle, craignent le déluge. Au loin les flics, ils tournent. Il court les chercher, fait des signes devant eux, il court sur la chaussée. Dans la voiture, un homme, une femme : elle va se garer, il descend, talkie-walkie à la main. Ils reviennent et s’approchent de lui, toujours à terre. Les pompiers arrivent aussi : deux hommes descendent, ils mettent des gants. Levez-vous Monsieur. Non ! Il pleut, il est trempé. Lui se lève enfin, aidé. Des flics, partout, une autre voiture. Plusieurs autres voitures ? La fille : et ses affaires ? Bah, c’est plein de puces. Il pleut encore et toujours. La fille : au revoir. L’homme : au revoir. Lui : perdu. Il pleut. Des gyrophares. Pluie. Une policière : main-courante. Nom, prénom – talkie-walkie – date de naissance, lieu de naissance, ça s’écrit comme ça je crois, oui, adresse, numéro de téléphone. Au revoir. Il repart, accompagné par la pluie. Il passe à côté de l’ambulance : la porte de derrière se ferme, le pompier disparaît. Il continue son chemin. Il pleut, ses vêtements le collent, ses habits absorbent l’eau, la pluie ruisselle sur son visage. Une journée après, ses vêtements sont toujours humides.

  • « Le danger de la liberté moderne, c’est qu’absorbés dans la jouissance de notre indépendance privée, et dans la poursuite de nos intérêts particuliers […] » Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes

    A trop s’occuper de son cul, ça sent la merde.

  • Et pour toi Bertrand : « Lutter pour le socialisme, c’est revendiquer dans tous les domaines le droit des individus à l’autodétermination, à l’égalité, à l’intégrité de la personne, en agissant pour que puisse être remodelé tout ce par quoi la société fait obstacle à ce droit. » André Gorz, « Pour redéfinir le socialisme », Capitalisme, socialisme, écologie, p. 106

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